Le monde selon Bush
BUENOS AIRES (AFP) - Les Etats-Unis ont exclu de participer à toute réunion internationale qui traiterait de l’avenir de la lutte contre le changement climatique à l’échéance du protocole de Kyoto en 2012, selon un document remis à la présidence argentine de la conférence de Buenos-Aires.
Dans ce document, qui circulait lundi soir, les Américains se disent prêts à participer à une réunion informelle “d’une journée” en mai 2005 sur les “politiques menées actuellement” par les différents pays pour combattre le changement climatique.
La réunion devra être limitée à “un échange d’informations sur l’application pratique des politiques nationales existantes” pour combattre l’effet de serre. Elle “ne devra pas traiter de la question de négociations futures” ni de “mandats” de négociation, ajoute le texte. Elle “ne devra faire l’objet d’aucun rapport, ni écrit ni oral", qui pourrait servir de base à de futures négociations.
Le document contient une référence à la Convention-climat, un premier accord de l’Onu assez faible que les Etats-Unis ont ratifié. Il n’évoque pas le protocole de Kyoto, qui a durci les dispositions de la Convention et que l’administration Bush a rejeté en 2001.
Le protocole impose des quotas de réduction de CO2 et autres gaz à effet de serre aux pays industriels pour 2012. Il prévoit l’ouverture formelle de négociations en 2005 pour de nouveaux engagements de réduction à partir de 2013. Les Etats-Unis, n’étant pas partie à Kyoto, seront observateurs à ces négociations officielles, qui doivent démarrer en novembre 2005.
Mais les Européens, citant l’aggravation du changement climatique, estiment qu’un accord post-2012 n’aura aucun sens sans les Etats-Unis, premier pollueur planétaire. Ils souhaitent donc impliquer ce pays d’une manière ou d’une autre dans un futur traité.
Les Européens veulent aussi que les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, s’impliquent davantage à l’avenir. Ces pays ont ratifié Kyoto qui ne leur impose que des obligations d’inventaire. Ils voient dans tout engagement contraignant de réduction ou de maîtrise d’émissions polluantes une entrave à leur développement.
Pour tenter de dénouer cet imbroglio byzantin, lourd de conséquences pour l’avenir, la présidence argentine a proposé la semaine dernière la tenue de deux réunions informelles, en avril/mai et septembre/octobre 2005, avant l’ouverture des négociations prévues dans le cadre du protocole de Kyoto.
Le document des Etats-Unis, dont le négociateur américain a seulement confirmé l’existence mercredi après-midi, constitue une réponse à la proposition argentine. Il a été jugé “inacceptable” par plusieurs responsables européens.
Décembre 14th, 2004 at 17:56
Au secours !