Les voisins crétins

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Il y a un malheureux phénomène statistique que j’ai constaté partout où j’ai pu vivre c’est celui des voisins crétins. Visiblement il est impossible pour certains de faire la différence entre vivre seul dans une maison perdue au milieu de la campagne et vivre à plusieurs dans un immeuble. Là où j’habite maintenant j’ai encore pu réaliser que cette statistique s’applique de façon invariable puisque bien évidemment il y a un appartement rempli de voisins crétins. Pas des crétins “gentils” qui ne se rendent pas compte qu’ils font du bruit et qui arrêtent dès qu’on leur dit, non, des vrais, des profonds, des puissants, des trous du culs pur porc imbus d’eux même qui se moquent royalement des autres, qui considèrent que toutes les libertés leurs sont dues et que leurs voisins ne sont que des parasites les empêchant de s’adonner à leurs loisirs préférés : la super déconne super drôle avec de la super musique techno super pourrie super fort jusqu’à trois heures du mat’.
Oui messieurs dames, des vrais bons gros débiles mentaux qui hurlent à la fenêtre la nuit parce que c’est tellement drôle de faire croire à tout le monde qu’on a de la testostérone plein les veines (d’ailleurs pour ça il faut avoir une bonne bande de potes bien virils qui rigolent comme des arriérés à la moindre fausse vanne pas drôle de routier au long court à la retraite - et dieu sait qu’entre 20 et 30 ans c’est pitoyable d’en être déjà rendu à ce stade).
C’est tellement bien de prouver à tous qu’on existe, qu’on n’est pas juste une merde au chômage bon à rien. Beugler la fenêtre ouverte à pas d’heure c’est bien connu, ça attire l’admiration de tout le monde, c’est un peu comme rouler avec un scooter de 50 cm3 avec un pot qui dégage 300 décibels, c’est la vraie classe, la vraie superiorité et surtout ça fait trop kiffer les gonzesses…
Les statistiques sont implacables, les voisins crétins sont partout, sans gène, sans principe, sans cervelle.
C’est décidé, à la prochaine “fête des voisins” j’attends que la cour se remplisse et je la vitrifie…

3 reponses pour 'Les voisins crétins'

  1. Anso a dit:

    Jusqu’à présent, je pensais être l’ultime enquiquineuse à mettre ma musique un peu trop fortement lorsque je passe l’aspirateur, à hurler sous wow à 22 heures “mais target le boss FFS!!!!"et sans mentionner les petits épisodes de la vie quotidienne qui permettent à chacun dans un immeuble moderne de connaître la vie plus intime des autres (c’est d’ailleurs ainsi que je prends des cours de disputes conjugales avec mes voisins de l’étage et d’insultes nuptiales susceptible de faire rougir Clara Morgane avec ceux du dessus. Aux moins, ceux du dessus, c’est drôle et ça peut toujours servir!).
    Jusqu’à présent, je me sentais presque coupable de me montrer si “vivante” alors que le gentil petit couple d’à côté se contente de me lancer des regards lourds de sens dans l’ascenseur lorsque d’aventure je me retrouve dedans avec l’un des deux protagonistes. La semaine dernière, j’ai même hésité à leur offrir une boîte de chocolat, ce qui en soit n’aurait certes pas changé mon sentiment de culpabilité normative tant ces deux là incarnent la perfection, les difficultés quotidiennes, les obstacles surmontés, l’abnégation, soyons fous, disons-le, le courage ordinaire !

    Mais hier soir, le destin m’a donné l’occasion de tomber le voile de la perfection à mesure que les heures défilaient sur mon radio réveil.

    Retour de soirée me concernant, 23H30. Je croise sur le palier deux spécimens masculins de mon âge, plutôt agréables à regarder si l’on met de côté l’oeil vide de toute conscience et l’alcool comme déodorant corporel. Finalement, pas si agréable que cela. Sur ces entre faits, ma voisine parfaite ouvre la porte et invite ses invités à ne pas m’ennuyer. Son brushing semblait déjà un peu plus confus que de coutume, j’aurais du y voir un signe…L’un des deux spécimens précités me lance alors “si on vous ennuie, venez nous le dire” et moi, dans l’innocence et la honte de mon statut officiel d’enquiquineuse publique, de répondre “non, non, ils ne m’ennuient jamais, c’est plutôt moi je crois". Un vague sourire à ma voisine, je referme la porte soulagée, elle m’a rendu mon sourire, la glace est peut-être brisée, la pardon est donc possible, je saute dans ma douche, sereine.

    Mon studio donne précisément dans leur salon et je ne réalise pas de suite que les conversations sont extrêmement audibles, les sujets de fond sont abordés et j’en profite avec amusement"Sarkozy sera t il au second tour avec le Pen", un certain “Nico pourra-t-il boire les deux shooters plus vite que Jérôme", “Marie pratique-t-elle la fellation…".J’écoute vaguement les réponses, un léger sourire sur les lèvres. Je décide de les laisser continuer de philosopher et me pelotonne sur mon canapé pour quelques épisodes de Sex and the City. Il est 1H00 lorsque je décide de mettre fin à mes errances télévisuelles et de rejoindre mon lit, dans la même pièce et pour cause dans un palace de 30m²…C’est alors que la grosse marade a commencé. A 1H00 subitement, les discussions sont devenues non seulement ésotériques mais ont il décidé en plus de mettre de la musique…je crois qu’il s’agissait de vieux tubes de Dance, en tous cas les murs vibrent pas mal…Je me dis que je leur dois la patience et tente de me poser tranquillement, méditant sur mon existence.
    Cette méditation n’a pas lieu sans peine puisque le dit Nico semble près à ingurgiter plus d’un shooter et que la dite Marie se met en tête de mimer sa technique sur des bouteilles de bières, sous les vivas de ses potes en délire. Peu à peu, la patience m’abandonne, mes méditations s’amoindrissent et mon obsession sonore va croissante.
    Il est 1H30 et Daft Punk résonne, à présent ils dansent…mal à en juger par le rythme décousu de leurs sautillements lourds et non assurés. Les hurlements redoublent, un certain Stéphane invite le dit Nico décidément très en forme à mettre les bouteilles de bière dans une cavité corporelle de son choix, mais quand même en dessous de la ceinture, pour aider un peu ce pauvre Nico à géo localiser plus facilement le bon emplacement. Le bon mot est accueilli avec vive émotion par les invités.
    Les filles redoublent de courage pour réveiller tout l’immeuble de rires stridents, à n’en pas douter leurs efforts ont du être récompensés.
    Il est déjà 2H00 passés et je me dis qu’il me faut user d’astuce pour m’en sortir car à cette étape je me refuse encore à briser la trêve engagée quelque heure plus tôt avec ma voisine…plus si parfaite depuis que je l’entends hurler le petit bonhomme en mousse…
    Les boules quies n’ont pas réussi à cacher ces hurlements d’animaux mourants, les deux oreillers sur ma tronche non plus. Dans un dernier élan, j’ai donc essayé l’ipod, mais même Keith Jarret n’a pas couvert la tempête apocalyptique. Et c’est ainsi qu’à 3 heures du matin, j’ai remis mon vieux levis et mon tee shirt pour aller demander gentiment de baisser un peu le son. Le texte était déjà préparé, il s’agirait de dire désolée d’être la trouble fête, pouvez vous baisser un tout petit peu, juste de sorte à ce que les murs arrêtent de vibrer ce qui affole les battements de mon coeur…
    J’ai donc fait ce qui me semblait le plus indiqué. J’ai sonné à la porte. J’ai alors entendu “merde c’est la voisine là les mecs !". Oui, tout à fait les amis, c’est bien moi, bonne conclusion, vous n’êtes pas totalement décérébrés finalement…J’ai attendu près d’une minute, personne à la porte. Je resonne. Et de nouveau la même voix, sans doute le sage de la bande à en juger par son message prophétique :"les mecs, on est dans la merde, ça resonne". Personne ne s’étant présenté au bout de deux minutes, je du me résoudre à comprendre que les résidus d’êtres humains derrière la porte ne pouvaient même plus venir ouvrir une porte pour simplement accepter de baisser leur soupe électronique.
    Et c’est ainsi que mes voisins ce soir là ont pris le leadership en terme de cassage de noix mais que la guerre a débuté. Ils ont oublié que chacun d’entre nous peut un jour devenir la nuisance vivante de l’autre, notre maigre mur commun risque fort d’être le témoin de futures attaques sonores. Me voila prévenue. Mais histoire de prendre des forces, ce soir, je me couche à 21H00 :)
    May the force be with you !

  2. George a dit:

    Ma chère Anso.
    Il apparait à la lecture de ce commentaire incroyablement long et emplit de souffrances que tu n’es pas très bien préparée à la guerilla urbaine avec tes voisins. Aussi laisse moi te donner quelques conseils de bon aloi :
    - Je t’encourage à écouter du Sepultura en lieu et place de Keith Jarrett lorsque tu veux couvrir le bruit ambiant de tes voisins, tu verras que même le volume sur “2″ il y a de fortes chances pour que cela fonctionne (par contre il y a de fortes chances pour que cela t’empêche tout autant de dormir). Si tu ne possèdes pas d’album dudit groupe tu pourras te rabattre sur “les chants des ouvriers pakistanais de Dubaï", album de cris de souffrances et de bruits de chantiers en tout genre… très efficace également.
    - Si tu veux vraiment couvrir le bruit de tes voisins, tu n’y arriveras pas avec un Ipod, mets donc les disques conseillés sur ta chaine le volume au tacquet, ça devrait les calmer (mais peut-être exiter les autres voisins, ceci dit on n’a rien sans rien).
    - Par défaut lorsque tu as la chance de croiser des voisins qui s’excusent, appuie bien là où ça fait mal et fait leur comprendre à l’avance qu’ils vont te faire chier, car à un moment ou un autre, comme tu as pu le constater, c’est le cas. Ne t’excuses jamais en retour pauvre malheureuse. C’est une erreur de débutant…
    - Si tout ceci n’a pas fonctionné, il te reste le lendemain la possibilité d’entamer une campagne d’intimidation anonyme de type “corbeau” en pourrissant leur boite aux lettres de courriers composés de petites lettres découpées dans les journaux de ton choix (par exemple “Le pelerin", “National Hebdo", “Raid magazine", “Chasse, pêche et naturisme"… cette liste n’est pas exhaustive), tu pourras ainsi les menacer de mort ou de toutes autres tortures susceptibles de germer dans ton esprit malade du manque de sommeil (à n’en pas douter des trésors d’ingéniosité insoupçonnés devraient se révéler à toi). Accompagne ces courriers de petits animaux morts crucifiés (un rat fera très bien l’affaire) : succès garanti.

    Si vraiment rien de tout ceci n’a fonctionné (ce qui m’étonnerait grandement), tu peux envisager de déménager ou alors d’enfumer leur appartement (je te déconseille de le moisir aux cafards car ils peuvent finir par revenir dans le tiens).
    Tiens nous donc au courant de l’espérance de survie de tes voisins et va t’acheter un treillis au surplus de l’armée.

  3. Rico a dit:

    mdr, merci ca fait plaisir de lire des trucs comme ça, ça motive dès le matin !
    a+

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